Pas écrit depuis le 14 juillet. Dur de s'y remettre... Mais est-ce que je veux vraiment m'y remettre?
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Tellement de choses qui se sont passées. Et rien en même temps. Je ne fais que vivre dans le paradoxe. Para doxe. Pa ra do xe. P a r a d o x e.
Une soirée tranquille. Un peu trop tranquille. Seule dans une maison ça veut dire quoi? Ca veut dire douce déprime, à aller de blogs en blogs, observer sans cesse une vie qui a l'air mieux que la nôtre. Tout à fait ordinaire. Mais moins ordinaire que la nôtre.
Et je revois ces visages qui me hantent toujours, tous les jours, que j'imprime. Je ne suis pas vindicative. Non non. Mais hélas je peux ne pas enregistrer des choses importantes comme garder au fond de moi ce qu'il faut oublier, voire même ne pas voir, pour se préserver.
Ces beaux visages qui me remuent l'âme mais que j'ai envie d'éborgner, juste pour respirer. A partir du moment où l'on connait les gens, il faut assumer de les connaitre, parfois trop, parfois mal, mais de les connaitre. Parce qu'on est quand même bien solitaire quand on connait les gens de vue mais qu'on ne leur parle pas. C'est même très déprimant. Pourquoi toujours cette question de ce qu'est une relation? Relation avec sa famille, relation avec ses amis, relation avec ses amies, relation avec ses profs... c'est censé venir tout seul, n'est-ce pas? Mais non, ça ne vient pas.
Ces visages semi-amusés semi-tristes pensant tout haut "ah elle a changé". Certes. Nous avons tous changé. Et nous nous jugeons tous.
Je repense à ce visage qui m'avait placée dans une catégorie et a dû m'en sortir subitement. Il faut juste assumer lorsqu'on part. Je suis partie. De beaucoup d'endroits. Et c'est comme ça.
Et ses yeux bleus qui me poursuivent toujours sur les photos.
Pourquoi vivre pour les autres, pour ce qu'ils pensent de nous?
Toujours sage, l'image. Raisonnable. Fatiguée parfois, donc divagante. Mais sage. Appliquée. C'est triste. Vraiment. On n'est jamais content de toute façon.
Téléphone. Blablabla.
Temps de rien. A peine de se demander si ça va aujourd'hui. Métro Boulot Dodo. Miam parfois. Pas si souvent en fait.
Je pense à eux, qui sont si loin maintenant, qui n'écrivent plus, qui mènent leur vie, et qui oublient.
Je vis dans le mensonge. Dans le mensonge des autres, dans mon mensonge, de ce que je suis.
Une année de première L. A laquelle j'ai beaucoup rêvé. Et à cause de laquelle je ne peux plus écrire maintenant. Je n'arrive plus à écrire.
Se dire que tout ira bien quand on sera dedans. Etre dedans. Et se dire qu'en fait tout ne va pas bien. Qu'avant, c'était horrible, il paraît, mais qu'en fait c'était mieux. Ne pas oser se le dire. Ne pas oser se l'avouer, l'avouer aux autres.
Les autres diraient que si ça va très bien. Sur la forme, c'est vrai que ça va. Je le dis aussi pour ceux qui ne me posent pas la question, certainement trop occupés dans leurs propres affaires, ça arrive souvent, et à tout le monde. Mais en même temps, à ces personnes, je n'ose même pas leur dire les choses qui vont bien car eux, dans ces choses, ça ne va pas. Et les choses pour lesquelles ça ne va pas pour eux, moi je ne peux rien dire. Seulement écouter. Parce que je ne vis pas ces choses. Je ne suis faite peut-être que pour admirer les autres, leur vie incroyablement compliquée et intéressante. Leurs habitudes que je ne partage pas et qui sont souvent celles de tous. Exceptée moi. C'est bien égocentrique.
C'est bien un blog.
Ca revient plutôt facilement, en fait. C'est ça qui est le plus effrayant. Pourquoi est-ce plus facile d'écrire sur un ordinateur, pour les yeux de tous, que sur un beau cahier aux pages brunes qui respirent l'affection et la patience?
Non, je ne pense pas qu'à l'école.